Il existe huit grandes façons de gagner de l'argent sur Amazon, et elles ne se valent pas. Les deux meilleures, et de loin, sont Amazon FBA en marque propre et Amazon KDP. Ce sont les seules où vous construisez un vrai business qui vous appartient, qui crée de la valeur et que vous pourrez un jour revendre. Tout le reste (arbitrage, wholesale, affiliation, Merch) reste soit une simple façon de dépanner, soit un modèle limité.

La raison pour laquelle beaucoup de vendeurs échouent n'est pas le manque de motivation ou de compétences. C'est le choix du mauvais business model au départ. Cet article passe en revue les huit modèles, avec pour chacun les points forts, les limites et le profil auquel il s'adresse, puis les classe du pire au meilleur.

Le classement qui suit vient d'un vendeur Amazon FBA depuis 2018, dont le business a généré plus de 3 millions d'euros de ventes et plus de 500 000 euros de bénéfices sur la dernière année. Le parti pris est assumé, mais FBA est loin d'être le seul modèle qui mérite votre attention.

Quelles sont les façons de gagner de l'argent sur Amazon ?

Il y a huit modèles principaux pour gagner de l'argent sur Amazon. Classés du meilleur au pire, cela donne :

  • Tier S (les meilleurs) : Amazon FBA en marque propre (private label) et Amazon KDP.
  • Tier A : Amazon FBM (la même chose que FBA, mais vous gérez la logistique).
  • Tier B : le wholesale (achat en gros de grandes marques pour les revendre).
  • Tier C : l'online arbitrage et l'affiliation Amazon (Amazon Associates).
  • Tier D : Merch by Amazon (impression à la demande).
  • Tout en bas : le retail arbitrage, qui n'est même pas vraiment un business.

Chaque modèle se juge sur cinq critères : le budget de départ, la complexité, le temps à y consacrer, la rentabilité et le potentiel de croissance (le scaling). C'est ce qui sépare une simple façon de gagner un peu d'argent d'un véritable actif.

Le retail arbitrage et l'online arbitrage valent-ils le coup ?

Le retail arbitrage et l'online arbitrage sont les modèles les moins intéressants pour gagner de l'argent sur Amazon. Le principe est le même dans les deux cas : vous achetez des produits en profitant d'un écart de prix, puis vous les revendez plus cher sur Amazon.

Le retail arbitrage consiste à acheter en magasin, pendant des soldes ou des déstockages, des produits que vous scannez avec une application dédiée, puis à les réexpédier vers Amazon. Le budget de départ est faible et l'apprentissage est rapide, mais tout le reste est un problème. Les marges sont minces, il n'y a aucune automatisation possible, et le modèle demande environ 15 à 20 heures par semaine à se déplacer, chercher des opportunités et expédier les unités. Chaque produit est différent, donc rien ne se répète.

L'online arbitrage applique exactement la même logique, mais 100 % en ligne : vous repérez et achetez les opportunités sur internet, sans vous déplacer. Vous gagnez du temps, mais la barrière à l'entrée est encore plus basse, la concurrence encore plus féroce et les marges souvent encore plus faibles, car tout le monde voit les mêmes offres.

Dans les deux cas, ce n'est pas vraiment un business. Vous ne construisez rien que vous puissiez revendre ou faire grandir. C'est pour cela que le retail arbitrage se classe tout en bas, et l'online arbitrage juste au-dessus, en tier C.

Le wholesale sur Amazon, comment ça marche ?

Le wholesale consiste à acheter en gros, auprès de distributeurs ou de grossistes officiels, des produits de grandes marques établies (Samsung, Sony, Philips) pour les revendre sur Amazon. C'est un modèle plus structuré et plus professionnel que l'arbitrage, ce qui le place en tier B.

Le budget de lancement se situe le plus souvent entre 10 000 et 15 000 euros, car les distributeurs imposent des minimums de commande (on peut démarrer plus bas, autour de 5 000 euros, selon les produits). Il faut compter environ 10 à 15 heures par semaine, principalement pour trouver les fournisseurs, négocier les contrats et gérer l'opérationnel.

Les points forts sont réels : les volumes sont conséquents et les produits sont déjà validés par le marché, donc vous êtes quasiment sûr de vendre. Mais les limites sont importantes. Les marges sont serrées, souvent autour de 10 % et parfois seulement 4 à 5 %, parce que vous vous battez pour la Buy Box (l'encart d'achat d'une fiche produit, que se disputent tous les vendeurs du même article). Vous dépendez entièrement de vos fournisseurs, qui peuvent changer leurs conditions ou décider de vendre eux-mêmes sur Amazon. Et surtout, un business de wholesale n'est qu'un maillon final de la chaîne : vous n'apportez rien en amont et il ne se revend pas.

Pourquoi Amazon FBA en marque propre est-il le meilleur modèle ?

Amazon FBA en marque propre (private label) est l'un des deux meilleurs business models sur Amazon, en tier S. FBA signifie Fulfilled by Amazon (expédié par Amazon) : Amazon gère toute la logistique, le stockage, les expéditions et les retours clients à votre place. Le private label, lui, consiste à créer votre propre marque et vos propres produits, avec un contrôle total sur toute la chaîne, du fournisseur jusqu'à la vente.

C'est cette combinaison qui rend le modèle si puissant. Vous contrôlez le produit et le prix, vous ne vous battez pas pour la Buy Box (c'est votre fiche à vous), et le potentiel de croissance est maximal : vous pouvez lancer de nouveaux produits, de nouvelles marques et vous étendre sur d'autres marchés. Avec un produit qui explose, il est possible d'atteindre 100 000 euros de chiffre d'affaires par mois. Surtout, vous créez un actif réel, une marque et des produits que vous pourrez revendre.

Une variante existe, l'Amazon FBM (Fulfilled by Merchant, expédié par le vendeur), classée en tier A. Le principe est le même que FBA, mais vous assurez vous-même le stockage et la logistique. Ce n'est pas recommandé dans la majorité des cas : la force logistique d'Amazon, avec ses entrepôts intégrés au niveau européen et nord-américain, est très difficile à battre.

Merch by Amazon et l'affiliation Amazon sont-ils encore rentables ?

Merch by Amazon est un modèle d'impression à la demande (print on demand) : vous créez des designs de t-shirts ou d'accessoires qu'Amazon imprime à chaque commande. Sur le papier c'est séduisant, mais dans les faits cela ne fonctionne quasiment plus. Il se classe en tier D, à éviter, sauf si vous détenez des licences de marques très connues.

L'affiliation Amazon, via le programme Amazon Associates, consiste à promouvoir des produits vendus par d'autres et à toucher une commission sur chaque vente réalisée grâce à vos liens. Le budget est faible (autour de 1 000 à 2 000 euros pour un canal d'acquisition stable) et les revenus peuvent devenir semi-passifs une fois le contenu en place, par exemple un article de blog qui compare des produits et se classe bien sur Google. Mais les commissions sont minuscules, la concurrence SEO est féroce, et vous dépendez à la fois des règles d'Amazon (qui ont déjà changé et fait chuter les revenus de nombreux affiliés) et de plateformes comme Google, bousculées par l'arrivée de l'IA. Le modèle est intéressant, mais il arrive trop tard sur des marchés saturés, ce qui le place en tier C.

Amazon KDP, c'est quoi et combien peut-on gagner ?

Amazon KDP (Kindle Direct Publishing) permet de vendre des livres sur Amazon sans stock ni logistique, et c'est le second business model classé en tier S. Vous uploadez un fichier numérique, les clients l'achètent au format ebook ou en livre imprimé, et Amazon s'occupe de l'impression à la demande, des paiements et des livraisons. De votre côté, vous touchez des royalties (des redevances, un peu comme des droits d'auteur).

La logique est la même que sur Amazon FBA : trouver une niche avec du potentiel, créer le livre, le lister et le positionner le plus haut possible sur les termes de recherche Amazon. Mais sans la complexité d'un business de produits physiques. Le budget de départ est accessible (environ 1 000 à 2 000 euros) et le temps à y consacrer tourne autour de 5 à 10 heures par semaine, puisqu'il n'y a ni stock, ni retours, ni support client à gérer.

Une fois un catalogue étoffé, le potentiel se situe souvent entre 2 000 et 4 000 euros par mois, et peut monter à 5 000, 10 000 voire 15 000 euros de profit mensuel. Vous n'êtes pas obligé d'être écrivain : il existe des méthodes et des outils pour créer les livres, et beaucoup de formats ne sont pas du texte (carnets, livres de coloriage). Les avantages clés sont un lancement rapide (un premier livre en ligne en quelques semaines), un process duplicable et un revenu semi-passif. Un catalogue KDP bien construit est un actif qui se revend, parfois pour plusieurs dizaines ou centaines de milliers de dollars.

Amazon FBA ou Amazon KDP : lequel choisir ?

Amazon FBA en marque propre et Amazon KDP sont les deux meilleurs modèles, mais ils ne répondent pas au même profil. Amazon FBA offre le plus gros potentiel de croissance (jusqu'à 100 000 euros par mois avec un produit qui cartonne), mais demande d'acheter du stock et de gérer une chaîne de produits physiques. Amazon KDP est plus simple, moins coûteux et plus rentable en pourcentage, car il n'y a pas de stock à financer, mais il faut lancer beaucoup de livres pour atteindre les mêmes sommets, et le business se construit progressivement sur la durée.

Les deux partagent la même force : vous créez votre propre business, vous ajoutez de la valeur au marché, et vous n'êtes pas un simple intermédiaire. KDP est d'ailleurs très complémentaire de FBA, ce qui en fait un excellent moyen de diversifier ses revenus sur Amazon.

Questions fréquentes

Peut-on gagner de l'argent sur Amazon sans acheter de stock ?

Oui. Amazon KDP et l'affiliation Amazon ne demandent aucun achat de stock. KDP fonctionne à l'impression à la demande et vous rémunère en royalties, tandis que l'affiliation vous fait toucher une commission sur les ventes d'autres vendeurs. KDP reste le plus solide des deux pour construire un vrai revenu.

Quel budget faut-il pour se lancer sur Amazon ?

Le budget dépend du modèle. Le retail arbitrage démarre avec très peu, l'affiliation et Amazon KDP autour de 1 000 à 2 000 euros, et le wholesale plutôt entre 10 000 et 15 000 euros à cause des minimums de commande des distributeurs. Amazon FBA en marque propre nécessite d'investir dans du stock, donc un capital de départ plus conséquent.

Le retail arbitrage est-il un vrai business ?

Non. Le retail arbitrage est une façon de gagner un peu d'argent sur Amazon, pas un business. Vous ne construisez aucun actif que vous pourriez automatiser ou revendre, les marges sont faibles et le modèle est très chronophage. C'est pour cela qu'il se classe tout en bas.

Combien peut-on gagner avec Amazon KDP ?

Avec un catalogue de livres bien construit, Amazon KDP génère souvent entre 2 000 et 4 000 euros de profit par mois, et peut atteindre 5 000 à 15 000 euros mensuels. Ce n'est pas un revenu instantané : il se construit livre après livre, sur plusieurs mois et années.

À retenir

La vraie question n'est pas seulement quel est le meilleur business model sur Amazon, mais lequel correspond à votre profil, vos compétences et votre budget. Si vous devez retenir une chose : privilégiez les modèles où vous créez de la valeur et un actif qui vous appartient, c'est-à-dire Amazon FBA en marque propre et Amazon KDP. Ce sont les deux seuls du classement qui vous font passer du statut d'intermédiaire à celui de véritable entrepreneur.